L’article analyse la pratique d’écriture en deux langues d’Amara Lakhous. Une pratique qui se place sous le signe de la traduction et de l’autotraduction, de l’arabe vers l’italien ou inversement. Si la démarche (auto)traductive est à l’origine et au cœur de nombre de ses romans, elle est pourtant souvent l’objet d’un camouflage soigné visant à dissimuler l’existence d’autres versions antérieures ou simultanées. À travers une étude du paratexte – péritextes éditoriaux et épitextes auctoriaux – l’article met au jour les raisons qui ont pu amener les maisons d’édition, tout comme l’auteur lui-même, à passer sous silence toute forme de processus (auto)traductif. Ce « déni » de la traduction s’explique à la lumière de la hiérarchie qui existe encore entre les langues et les cultures dans le polysystème littéraire et du statut d’infériorité dans lequel est toujours placé le texte traduit – considéré comme dérivé et second par rapport à un texte « original » –, ainsi que par la position subordonnée du sujet traduisant par rapport à l’auteur.
La traduction escamotée : la pratique autotraductive chez Amara Lakhous / Amid, I., Denti, C.. - 36:(2023), pp. 37-57. [10.3726/b21180]
La traduction escamotée : la pratique autotraductive chez Amara Lakhous
Chiara Denti
2023-01-01
Abstract
L’article analyse la pratique d’écriture en deux langues d’Amara Lakhous. Une pratique qui se place sous le signe de la traduction et de l’autotraduction, de l’arabe vers l’italien ou inversement. Si la démarche (auto)traductive est à l’origine et au cœur de nombre de ses romans, elle est pourtant souvent l’objet d’un camouflage soigné visant à dissimuler l’existence d’autres versions antérieures ou simultanées. À travers une étude du paratexte – péritextes éditoriaux et épitextes auctoriaux – l’article met au jour les raisons qui ont pu amener les maisons d’édition, tout comme l’auteur lui-même, à passer sous silence toute forme de processus (auto)traductif. Ce « déni » de la traduction s’explique à la lumière de la hiérarchie qui existe encore entre les langues et les cultures dans le polysystème littéraire et du statut d’infériorité dans lequel est toujours placé le texte traduit – considéré comme dérivé et second par rapport à un texte « original » –, ainsi que par la position subordonnée du sujet traduisant par rapport à l’auteur.I documenti in IRIS sono protetti da copyright e tutti i diritti sono riservati, salvo diversa indicazione.


